Montesquieu, esprit charitable

Montesquieu était Directeur de l’Académie Française en 1752 lorsque le poète Piron se présenta pour y être admis.

Louis XV convoqua l’auteur de « L’Esprit des Lois » et lui dit qu’il ne voulait pas que Piron fût élu.

Montesquieu n’ayant pu fléchir le Roi, s’employa alors à trouver une compensation en faveur du vieux poète en disgrâce.

 

Il écrivit à la Marquise de Pompadour :

« Piron est assez puni, Madame, pour les mauvais vers qu’il a faits ; d’un autre coté, il en fait de bons. Il est aveugle, infirme, pauvre et âgé. Le Roi ne pourrait-il pas lui accorder quelque pension ? Il serait beau de l’obtenir. C’est ainsi, Madame, que vous emploieriez le crédit que vos belles qualités vous donnent. Et, parce que vous êtes heureuse, vous voudriez qu’il n’y eut point de malheureux. Piron mérite qu’on ne l’oublie pas ».

Quelques semaines après, Piron obtint une pension substantielle, et c’est Montesquieu qui fut chargé par Madame de Pompadour de le lui annoncer.

Reconnaissant, Piron qui survécut plusieurs années au philosophe, écrivit pour célébrer sa mémoire, cette émouvante épitaphe. Connaissant le profond attachement du Président pour son fief de Montesquieu, ce sont ces lieux que Piron a évoqués dans son hommage au grand Français qu’il a voulu célébrer par delà la mort :

 

L’aigle a disparu – Montesquieu

Du haut de sa double colline

Revole pour jamais au lieu

De son immortelle origine.

Qui de la région divine

Reconnaîtra mieux le chemin

Que le merveilleux écrivain

Qui, sur les ailes du génie

Une plume d’or à la main

Le parcourut toute une vie ?

 

Le village de Montesquieu est situé à une quinzaine de kilomètres d’Agen, dans un site enchanteur avec cet éperon que contournent et enserrent les soubassements des remparts, et d’autre part, la plaine immense formée par la vallée de la Garonne.

La perspective est admirable.

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